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Communication

Les 4 étapes de la communication non violente (CNV)

Par Publié le 1 février 2023Mis à jour le 24 novembre 2023Mis à jour le 24 novembre 2023No Comments

Les jugements portés sur autrui
Sont des expressions détournées
De nos propres besoins inassouvis.

–  Marshall B. Rosenberg

“J’ai tellement appris de mes erreurs, que j’envisage d’en faire encore quelques-unes” a dit Jean Triboulloy. Il a raison : on peut apprendre et tirer profits de nos erreurs; en même temps, sommes-nous obligés d’en faire plusieurs ? Et si nous pouvions en éviter quelques-unes ? Je pense ici au domaine des relations humaines…

En matière de communication, on peut apprendre par essai et erreur, affiner notre approche au fil des expériences, ce qui peut exiger des années. On peut aussi prendre un certain raccourci : apprendre et appliquer des méthodes qui ont fait leurs preuves. Des méthodes qui, si elles sont bien maîtrisées, peuvent nous permettre d’éviter des conflits stressants et épuisants. Ça vous intéresse d’en savoir plus ?

UN COUP DE COEUR

Il y a une vingtaine d’années, j’ai commencé à faire de moins en moins d’erreurs en matière de communication. Non pas parce que je cumulais des “erreurs instructives”, mais plutôt parce que j’ai commencé à utiliser la communication non violente (CNV). Certains l’appellent aussi la communication consciente.

La CNV est une approche de communication élaborée par un psychologue américain admirable : Marshall B. Rosenberg, Ph. D. Son approche a transformé la vie de milliers de gens de partout dans le monde. Pour ma part, j’ai eu un gros coup de cœur pour cette méthode.

J’aimerais vous la faire découvrir à partir d’une mise en situation.

LA CNV EN ACTION

Imaginez ceci : vous êtes en train de rédiger un document important. Tout à coup, votre jeune commence à écouter un film d’action. Le volume est fort et vous entendez les explosions et les cris des personnages; vous n’arrivez plus à vous concentrer. Comment intervenir de façon non violente auprès de votre jeune ?

Voici une proposition : “Je suis en train de rédiger un rapport dans mon bureau et j’entends la télé. Face à ça, je me sens stressé.e, parce que j’ai besoin de tranquillité et de concentration. Serais-tu d’accord pour mettre des écouteurs ?

Prenons le temps de décortiquer et d’analyser ce script.

1. LES FAITS D'ABORD

Mentionnez à votre enfant ce que vous avez VU ou ENTENDU (les faits). Sans jugement, sans reproche, sans étiquette.

Je suis en train de rédiger un rapport dans mon bureau et j’entends la télé.”

On évite ainsi  toutes formes de reproches (par exemple : “Tu ne tiens pas compte de moi“). On évitera aussi de prêter des intentions à l’autre (par exemple : “Tu le fais exprès ?“).

Et la suite ?

2. LES SENTIMENTS

Exprimez-lui comment vous vous sentez. Exemple :

“Je me sens stressé.e”.

Un petit truc : n’employez PAS des termes teintés de jugements comme ceux-ci : je me sens non considéré.e, pas écouté.e, pas respecté.e.

Pourquoi ?

Parce que de tels termes sous-entendent que l’autre personne ne vous considère pas, ne vous écoute pas, ne vous respecte pas. Il s’agit de blâmes. Or, on ne veut pas culpabiliser l’autre. On ne veut pas lui faire porter le poids de nos émotions. On veut se responsabiliser face à nos propres sentiments.

C’est pourquoi on reliera nos sentiments à nos besoins ou valeurs, plutôt qu’à la situation.

3. RELIER LES SENTIMENTS À NOS BESOINS OU VALEURS

En effet, on se responsabilise en reliant nos sentiments à nos besoins ou valeurs. Récapitulons le début du script :

Je suis en train de rédiger un rapport dans mon bureau et j’entends la télé. Face à ça, je me sens stressé.e, parce que j’ai besoin de tranquillité et de concentration.

Les actions ou paroles de l’autre personne déclenchent en nous un sentiment. Mais la cause de ce sentiment, c’est nos besoins non comblés ou nos valeurs interpelées (toujours selon la perspective de la CNV). Il s’agit d’une nuance importante.

Après avoir exprimé un besoin (ou une valeur), que fait-on ?

4. FORMULER UNE DEMANDE CONCRÈTE ET NÉGOCIABLE

Les besoins et les valeurs sont des notions plutôt abstraites, n’est-ce pas ? Afin de rendre le tout plus concret, on formule une demande concrète ET négociable :

Serais-tu d’accord pour mettre les écouteurs ?” ou encore : “Serais-tu d’accord pour mettre ton film sur pause 30 minutes, le temps que je termine mon rapport ?

L’action demandée est concrète (“mettre les écouteurs”, “attendre 30 minutes”). Et avez-vous remarqué le début de la phrase ? C’est-à-dire le “Serais-tu d’accord pour… ?” Cette formulation témoigne du côté négociable de la demande. Vous n’aimez pas recevoir des ordres, les autres non plus ! Les ordres peuvent provoquer des réactions non souhaitées : opposition, passivité, colère, etc. Alors, mieux vaut faire une demande négociable plutôt que d’imposer quoi que ce soit.

En résumé

Récapitulons les quatre étapes de la CNV. Quand on veut communiquer de façon affirmative, on gagne à :

  1. Nommer les faits (sans jugement);
  2. Exprimer nos sentiments déclenchés par la situation;
  3. Associer nos sentiments à nos besoins ou valeurs;
  4. Formuler une demande concrète et négociable.

J’espère avoir réussi à susciter en vous le goût d’approfondir ce sujet et, surtout, de mettre en application la communication consciente au quotidien.

Pour en savoir plus sur l’auteur de cet article :

Stéphane Migneault

Si vous désirez organiser et planifier une conférence sur la CNV et permettre à des gens de découvrir ce précieux outil de communication, je vous invite à me contacter par courriel ou téléphone :

info@stephanemigneault.com ou 581 983-2930

Stéphane Migneault a collaboré à la formation L’anxiété, j’en ai plein mon casque! à travers une entrevue très intéressante portant sur les liens entre la nutrition et la santé mentale, plus particulièrement la nutrition et l’anxiété.

Bibliographie

Keller, F. (2018). Pratiquer la CNV au travail : la communication nonviolente, passeport pour réconcilier bien-être et performance. Malakoff, Interéditions.

Rosenberg, M. B. (2003). La communication nonviolente au quotidien. Éditions Jouvence.

Rosenberg, M. B. (2007). Élever nos enfants avec bienveillance. Éditions Jouvence.

Rosenberg, M. B. (2010). L’art de la réconciliation : respecter ses besoins et ceux des autres. Éditions Jouvence.

Rosenberg, M. B. (2013). Les mots sont des fenêtres (ou des murs). Éditions Jouvence.

Rosenberg, M. B. (2017). Dénouer les conflits par la communication nonviolente. Éditions Jouvence.

Le contenu de cet article est à visée éducative. Il n’est pas exhaustif et ne remplace pas une consultation individualisée avec un professionnel de la santé mentale.

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